Robert Luchini, dit Fabrice

L’HOMME-THÉÂTRE

Parcours singulier dans la planète cinéma de l’hexagone, « Robert Luchini, dit Fabrice » est assurément celui par qui le verbe devient jouissance. Cyrano des temps modernes, il ne recherche pourtant pas la conquête de l’être magnifié. Même qu’il s’en moque totalement. L’être chez lui est insaisissable. C’est pour cela, sans doute, qu’il peut tout inventer grâce au génie des autres. Aucune convention n’a de prise sur cette âme bien née. Il est libre comme une rêverie fugace et dérisoire. Une rêverie proprement humaine. Il se moque de son époque, du temps qui s’écoule comme la vie. Il se moque surtout de lui. C’est pour ça qu’il est irrésistible. Son jeu, car il s’agit bien d’un joueur, et d’un fameux joueur, n’est jamais feint. Les mots sont à la fois moteur de son imagination et pays invité qu’il fait jaillir de l’ombre. Il est l’interprète que les dieux ont choisi pour divertir et émouvoir les hommes. En cela, Luchini est un trésor national au pays de Marianne. Et pour tous ceux qui portent en bandoulière cet irrépressible amour des mots de Céline, Molière, Rimbaud et toutes la bande de ménestrels, de poètes fous et de littérateurs qui ont fait de nous des assoiffés du verbe. Merci Fabrice!

Christian Dupuy

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Luchini

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« Robert Luchini, dit Fabrice » (2009) – 52 m

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Réalisation: Thierry Demaizière et Alban Teurlai

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