L’affaire Christine Gosselin

Christine Gosselin

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COPINAGE POLITIQUE?

Vendredi dernier la journaliste Kathleen Lévesque de La Presse révélait à la surprise de tous qu’une enquête policière de l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) était présentement en cours à propos de certains agissements du parti Projet Montréal dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal. Au cœur de l’affaire : un présumé détournement de fonds publics de plusieurs milliers de dollars. L’histoire a fait grand bruit ces derniers jours. Qu’en est-il vraiment ?

Selon ce qu’a appris la journaliste, les élus de Projet Montréal ont accordé à l’OBNL Plateau Milieu de Vie deux subventions en 2012 et 2013 pour un total de 36 592 $. Ce soutien financier des élus du Plateau avait pour but de permettre à l’organisme :

–  de tenir en période estival un marché public au Parc Balwin ;

–  d’acheter un kiosque pour entreposer la marchandise.

Il faut savoir que Plateau Milieu de Vie n’est pas qu’un kiosque estival de fruits et légumes. Comme en fait foi son site internet et sa page Facebook, c’est un groupe de citoyens partisans qui portent le discours idéologique de Projet Montréal de façon très affirmée. Que le groupe militant se fasse le porte-voix de Projet Montréal sur les réseaux sociaux, par exemple, il n’y a rien de répréhensible à cela. Là où il y a matière à questionnement cependant,  c’est lorsque des membres de la même famille politique s’entendent pour s’offrir un « projet social » au frais des contribuables.

Dans toute cette affaire, personne ne prétend que le but de la manœuvre a été d’enrichir personnellement les militants de Projet Montréal, ni quiconque d’ailleurs. Non, ce qui heurte l’esprit aujourd’hui des citoyens du Plateau, c’est d’apprendre tout à coup que les élus locaux de Projet Montréal ont le sens de l’éthique plutôt élastique.

Depuis la fondation de Projet Montréal, son chef et les adhérents ne cessent de clamer qu’ils ne sont pas comme les autres. Il y aurait comme qui dirait dans cette formation politique une sorte d’anti-virus contre la magouille et toutes ces sortes de choses. La république des copains, en d’autres termes, ce serait pour les autres. Or, l’évidente proximité partisane démontrée dans l’article de Kathleen Lévesque entre des administrateurs-bénévoles de Plateau Milieu de vie et la majorité des élus au conseil d’arrondissement du Plateau Mont-Royal n’est pas sans soulever des doutes quant à une probable opération de “copinage politique”.

François Cardinal prétend ce matin que cette histoire n’est tout au plus qu’une maladresse administrative. Nous le citons au texte :

«Y a-t-il là maladresse administrative? Certainement, d’autant que l’organisme a profité de l’aide personnelle d’une bénévole qui était également attachée politique de l’arrondissement pour monter une page Facebook.»

Le sens de l’euphémisme dont fait preuve François Cardinal dans cet extrait est remarquable. Même le meilleur « spin doctor » en la matière n’aurait pu faire mieux pour disculper les coquins. Pour dire vrai, le malaise dans cette histoire ne résulte pas d’une maladresse administrative. Au jour d’aujourd’hui – tenant compte du reportage de Katheen Lévesque – il semble qu’aucun fonctionnaire de l’arrondissement n’est en cause dans tout cela. Jusqu’à preuve du contraire, cette ligne de défense ne tient donc pas la route.

Plutôt, il y a très certainement lieu de questionner le fait que « l’organisme [Plateau Milieu de Vie] a profité de l’aide personnelle d’une bénévole qui était également attachée politique de l’arrondissement pour monter une page Facebook. »

Questions:

1. Quelle est l’identité de cette bénévole… attachée politique de l’arrondissement dont François Cardinal tait sciemment le nom?

2. Ne serait-elle pas employée au bureau du maire Ferrandez?

3. Si oui, dans un tel cas, ne s’agit-il pas de l’actuelle directrice de cabinet (ou chef de cabinet, c’est selon) du maire Ferrandez et candidate pour Projet Montréal dans le district de Jeanne-Mance?

En somme, n’y a-t-il pas lieu de se demander en toute bonne foi, si toute cette affaire ne soulève pas minimalement l’apparence d’un conflit d’intérêt entre le bureau du maire Ferrandez et cet OBNL partisan de Projet Montréal?

Jusqu’à présent dans les réactions outrées du maire Ferrandez et de certains militants de Projet Montréal et de Plateau Milieu de Vie, on a choisi de jouer à dessein les vierges offensées pour mieux faire diversion. Toutefois, tant que le rôle joué par Christine Gosselin dans toute cette affaire n’aura pas été totalement élucidé, la directrice de cabinet du maire et candidate aux élections du 3 novembre dans le district de Jeanne-Mance portera ombrage à ses collègues candidats, à son parti et aux idées qu’il défend. À tort ou à raison, c’est vers elle que les projecteurs sont maintenant tournés. Quand saurons-nous la vérité ?

Christian Dupuy

Photo PAC édito

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7 commentaires pour L’affaire Christine Gosselin

  1. François dit :

    La Coalition Plateau Arts et culture 2013 a parlé 😉 Et vous comptez faire beaucoup de millage là-dessus?

  2. Martin dit :

    Merci de bien vouloir rapidement corriger votre texte. L’article de Kathleen Lévesque dans La Presse du 4 octobre faisait tout sauf, selon vos dire, révéler « à la surprise de tous qu’une enquête policière de l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) était présentement en cours ».

    La seule mention du SPVM dans l’article que vous citez va comme suit : « Le SPVM a refusé jeudi de confirmer ou d’infirmer qu’un tel dossier est entre ses mains ».

    • agoranov2013 dit :

      «Le 30 août dernier, l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) du SPVM a reçu une plainte concernant un stratagème qui aurait permis à Projet Montréal de verser, à deux reprises, une subvention à un organisme qu’il a créé et qu’il contrôle entièrement. Les éléments soumis à l’analyse de l’EPIM «laissent croire très sérieusement à des malversations et un détournement de fonds publics», peut-on lire dans la plainte.

      Le SPVM a refusé jeudi de confirmer ou d’infirmer qu’un tel dossier est entre ses mains. Mais selon les informations recueillies auprès de sources policières, l’EPIM prend au sérieux la plainte et a entrepris des vérifications.»

      – Kathleen Lévesque, La Presse, 4 octobre 2013

      Jusqu’à preuve du contraire nous avons aucune raison de croire que les sources policières de la journaliste sont infondées.

    • Denis Méthé dit :

      @Agoranov…

      La différence entre Lévesque et Cardinal, c’est que lui, il a vérifié les faits et obtenu l’information du SPVM: l’unité d’enquête en question ne confirme jamais quoi que ce soit, est c’est ce qu’ils lui ont dit. Cardinal et Le Devoir, d’ailleurs, rapportent cela de la même façon. Lévesque réfère à des « sources policières », euphémisme pour dire qu’elle n’a jamais vérifié: Cardinal+Boisvert+Le Devoir = Lévesque est dans le champ avec sa façon Journal de Mourial… Cette affaire est classée, vous ne ferez plus aucun millage là-dessus, même si vous essayez. Le complots sont ailleurs… comme à Laval, Mascouche, St-Rémi… Ça vous dit rien?

  3. Denis Méthé dit :

    Je ne sais pas ce qu’il faut faire pour que cette « affaire » finisse… Il n’y a pas d’affaire. Point. pas de copinage. Pas de manquement à « l’éthique ». Définissez-moi éthique dans le contexte d’une situation où personne n’a mis quoi que ce soit dans ses poches, ni obtenu aucune « faveur » à titre personnel, dans un projet destiné à la communauté et piloté par des bénévoles.

    Si vous voulez salir, allez ailleurs.

  4. Mario vivier dit :

    Tout cela me semble nébuleux et j’aimerais bien avoir des éclaircissements de la principale interressée…

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