Ferrandez et la Maison de la culture…

L’ESCAMOTEUR

Nous avons exposé en début de campagne électorale les données objectives, provenant de documents officiels de la ville-centre, qui démontrent de manière incontestable la désuétude et l’exiguïté de la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal. Récemment, le 1er octobre dernier, nous avons donc interpellé les candidats à la mairie afin qu’ils s’engagent à construire une Maison de la culture nettement plus spacieuse et dotée des équipements les plus modernes au cœur de l’arrondissement. Si la candidate Danièle Lorain s’est engagée à aller de l’avant avec ce projet, le maire sortant Luc Ferrandez s’est contenté quant à lui de la déclaration suivante:

«La maison de la culture. Nous sommes aussi d’accord qu’il faut des projets structurants rendant la culture accessible pour tous. Mais le Plateau est la Mecque de la culture au Canada; nous ne ferons pas un copié/collé des maisons de la culture dans des milieux où l’offre culturelle est cent fois inférieure à ce que nous vivons ici. Nous travaillons à mettre sur pieds (sic) une proposition très spécifique au Plateau. Les premières rencontres du comité ont déjà eu lieu. Le travail est à poursuivre après l’élection.»

À l’évidence, le maire Ferrandez semble confondre vitesse et précipitation. Ainsi à la demande citoyenne qui porte sur l’accès à la culture pour tous, il répond tout de go que l’offre culturelle « est cent fois supérieure » sur le Plateau à ce qu’on trouve ailleurs. Le message est clair, selon le maire Ferrandez, les citoyens du Plateau sont des privilégiés en matière d’offre culturelle. Il n’y a donc pas lieu de prendre d’engagement maintenant sur ce dossier. Comme il le dit si bien: «Le travail est à poursuivre après l’élection.»

Citrouille

En plaçant sur le même pied l’offre culturelle de la maison de la culture du Plateau avec les autres institutions culturelles de notre arrondissement, le maire Ferrandez oublie sciemment de mentionner ce qui caractérise ces deux types d’offre culturelle: la gratuité d’accès pour l’un et l’accès payant pour l’autre. Sur cette question, comme sur bien d’autres, les citoyens ne sont pas égaux en termes de richesse. Quant on sait que les résidents du Plateau sont locataires dans une proportion de 75 % et que près de la moitié d’entre eux déclarent vivre sous le seuil de faible revenu, on comprend immédiatement que les conditions socio-économiques excluent la plupart d’entre nous au droit universellement reconnu de l’accès à la culture pour tous.

Monsieur Ferrandez ne peut ignorer ces faits. En tant que maire d’arrondissement, il a la responsabilité de défendre l’intérêt général. Or, sur cette question, il est clair que l’accès citoyen aux arts et la culture ne constitue pas une priorité pour son administration. Pire, par son discours il cherche à escamoter cet enjeu, voire à tromper les esprits en laissant croire qu’il agira pour le mieux après les élections, sans dire comment et à quel fin. C’est ce qu’on appelle demander un chèque en blanc. À cela nous répondons NON !

Christian Dupuy

Photo PAC édito

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9 commentaires pour Ferrandez et la Maison de la culture…

  1. Frédéric L dit :

    C’est le fun des beaux projets. Ce qui serait bien aussi, ce serait de respecter la Loi électorale. Est-ce que les dépenses de promotion de l’idée de maison de la culture ont été autorisées par l’agent officiel de la Coalition Côte?

  2. PierreL dit :

     » Quant on sait que les résidents du Plateau sont locataires dans une proportion de 75 % et que près de la moitié d’entre eux déclarent vivre sous le seuil de faible revenu »

    Vous oubliez les propriétaires retraités qui avec les augmentations de Taxes et d’Évaluation foncière ne sont pas nécessairement plus riche…
    Si les pensions montaient aussi vite que la valeur de ma maison on irait surement voir plus de spectacles 😉

    • Gringe dit :

      Le maire aime mieux utiliser l’Argent de nos taxes pour enlever l’asphalte dans les parcs…et vendre des légumes pas cher aux pauvres pour gagner des votes Ça c’est utile

    • agoranov2013 dit :

      Vous avez raison PierreL, même les proprios du Plateau s’appauvrissent. Dans le document de la ville-centre publié en 2009 intitulé « Profil statistique en habitation de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal », on y apprend que de 2000 à 2005, le pourcentage de propriétaires qui déclaraient vivre sous le seuil de faible revenu étaient passés de 13,6 à 15,5. On peut penser que la situation, à cet égard, loin de s’améliorer, s’est sans doute détériorée en raison de l’augmentation des prélèvements municipaux de toutes sortes (impôt foncier, vignette, parcomètre, etc.).

      Source: http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/page/habiter_v2_fr/media/documents/Profil_Le_Plateau_Mont_Royal_Mai_2009.pdf

      • PierreL dit :

        Je peux effectivement vous le confirmer mon rôle d’évaluation de 2010 se chiffrait a $243,000 je viens de recevoir le nouveau $503.000…
        J’imagine Facilement les taxes qui vont suivre
        Ma pension elle demeure stable 🙂

  3. Hélène dit :

    Je suis assez d’accord avec le maire Ferrandez. On ne va pas faire comme les autres arrondissements. Sur le Plateau, il y a beaucoup de culture accessibles et gratuites sur le Plateau. Veut-on replonger dans le déficit comme à l’époque de Madame Fotopoulos? Danièle Lorrain ne semble pas se préoccuper de la réalité.

  4. andré boulanger dit :

    Avant de construire une nouvelle maison de la culture, je crois qu’il serait sage de regarder tous les espaces religieux du Plateau Mont-Royal qui se cherchent une nouvelle vocation.

    Le patrimoine religieux fait aussi parti de notre histoire et nous devons voir comment le remettre en valeur. Sinon des spéculateurs vont sauter sur l’occasion pour en faire vous savez quoi.

    L’Hôtel-Dieu est naturellement un site grandiose qui pourrait facilement y habriter, entre autres, une toute nouvelle maison de la culture.

    andré boulanger

    • Michel Lamoureux dit :

      Entièrement d’accord avec vous quant à faire une évaluation des espaces religieux qui se cherchent une nouvelle vocation. Je pense justement à l’Église Saint-Denis, située devant la nouvelle place aménagée par M. Ferrandez à la station Laurier. Le clocher risque de s’effondrer faute de revenus. On pourrait compléter les besoins du bâtiment et ceux de la Cuture, sans donner d’autres contrats d’urbanisme et augmenter les coûts. Après tout ce sont les gens de la paroisse qui ont payé pendant des années pour cet immeuble. Il est voisin de plusieurs autres institutions culturelles. L’École nationale de théâtre, les Grands ballets canadiens, Les Jeunesses musicales… Ailleurs on voit souvent une utilisation multiple des espaces avec succès. Pourquoi pas ne pas faire deux pierres d’un coup.

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