Rolling Stones, la French Connection

EXIL ON CÔTE-D’AZUR

Pendant que la beatlemania déferle aux quatre coins du globe, un groupe londonien de rhythm ‘n’ blues aspire à la gloire. Il enchaîne tournée sur tournée. La célébrité se fait attendre. Il s’entête pourtant à poursuivre. Pour mieux se distinguer des Fab Four – un coup de marketing – le groupe en question, les Rolling Stones, s’essaient à jouer les mauvais garçons. Une réputation qui leur restera collée pour toujours.

Avec l’album Out of our Heads ( version U.S.) en 1965, les Stones surgissent enfin dans le ciel étoilé du rock. Le riff explosif de Satisfaction devient instantanément l’hymne d’une jeunesse en révolte. Dès lors la signature Jagger-Richards est reconnue au même titre que celle de Lennon-McCartney. Jusqu’au début des années 1970 le duo stonien engrange succès populaires et critiques. On les imagine plein aux as. Ne plus savoir quoi faire de leur fric.

Mick Jagger et Keith Richards durant les sessions d’enregistrement d’Exil on Main Street (1971)

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Crédit photo: Universal Music

Dans les faits, la bande à Jagger n’a rien dans les poches. Tout passe par le gérant. Le fisc anglais demande sa part. Les Stones sont insolvables. Le gérant est viré. Pour rembourser la caisse de Sa Majesté, ils décident à contre-coeur de quitter l’Angleterre pour le sud de la France.

Là-bas, à Villefranche-sur-Mer (commune près de Nice), ils travailleront pendant des mois à réaliser un album dont ils ne savent rien au départ. Des chansons qui traînent dans des tiroirs. Des bouts de ceci, des bouts de cela. Ils n’ont aucune idée vers où aller. C’est l’aventure. Heureusement le génie de Keith veille sur la bande. Grâce à lui, l’Objet tant recherché commence à prendre forme. À la fin de l’exercice en 1972, le résultat, un album double, déconcerte les fans et les rédacteurs du rock. Aucune pièce ne semble avoir quelque potentiel commercial. Sur cet aspect, on ne pardonne pas facilement. Dans la presse, on ne se gêne pas pour tirer à boulet rouge sur cet opus inattendu.

40 ans plus tard, les esprits ont changé. Aujourd’hui, sacralisé par Les Inrocks comme étant «un inépuisable album continent», il est entré définitivement dans la légende comme en témoigne le classement du Rolling Stones Magazine. Au 7ème rang des 500 plus grands albums de rock, Exil on Main Street est probablement celui qui touche au plus près de l’esprit R & B des Stones fringants du début. C’est cette histoire qui nous est racontée dans Rolling Stones, la French Connection (non disponible présentement). Un documentaire précieux qui retrace l’itinéraire d’un groupe de musiciens en quête de sens.

Christian Dupuy

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Panthéon du rock Rolling Stone Mag

Source: Wikipédia (liste du Rolling Stones Magazine, 2003)

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Rolling Stones – Rocks Off

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Rolling Stones – Let it Loose

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