Les Beatles au Ed Sullivan Show, le fameux soir!

Crédit photo Mehlman, Judd N-Y Daily News

Mouvement de foule suivant le cortège des Beatles peu après leur arrivée à New-York le 7 février 1964

Crédit photo: Judd Mehlman
Source: New-York Daily News

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9 FÉVRIER 1964, LA NUIT OÙ TOUT A CHANGÉ

Liverpool et son Cavern Club, ces années d’apprentissage à la dure, de nuit comme de jour, sont bien loin quand John, Paul, Georges et Ringo volent sur les ailes de la Pan Am en route pour New-York le 7 février 1964. Ils baignent maintenant dans le succès. Depuis l’enregistrement de Please, Please Me (mars 1963) la tête des hit-parade leur appartient. Tellement que de 1963 à 1966, ils obtiennent successivement 11 chansons no 1 au palmarès en Grande-Bretagne. Fait sociologique avéré, et commercial aussi, la Beatlemania est un phénomène de masse qui emporte tout sur son passage.

Quelques mois plus tôt, à Dallas, la mort tragique de John F. Kennedy a endeuillé toute une nation. Une douleur ressentie, par ailleurs, dans toutes les démocraties. Ceux qui ont vécu ce drame, même à distance, s’en souviennent encore. Et pourtant la vie doit reprendre son cours. Mais à quel prix? Le nouveau président démocrate n’a rien d’un tendre. Cow-boy texan belliciste, il veut en finir avec les rouges au Viet Nam. La mort de Marilyn est encore dans les esprits. Sa beauté et sa voix demeurent inoubliables et planent au-dessus de l’Amérique depuis le 5 août 1962. Elvis, quant à lui, à son retour de l’armée n’est plus l’idole des jeunes. Les spectacles ne l’intéressent plus. Son truc, c’est Hollywood. Il enchaîne les navets à une vitesse ahurissante. Il n’est plus l’ombre du sex-symbol d’avant 1958. La place au sommet appartiendra donc à qui veut la prendre. Les années 1960 commenceront-elles un jour?

nyc1964Après avoir tout balayé en 1962 au Royaume-Uni, la frénésie qui s’empare des admirateurs des Fab Four déborde au début de l’année suivante en Europe. L’ampleur jamais vue pour un engouement aussi dingo en fait saliver plusieurs.

Aéroport JFK le 7 février 1964

Crédit photo: Jack Manning
Source: New-York Times

La bande de jeunes musiciens rend curieux et intéressés, comme de raison, les faiseurs d’or aux Etats-Unis. Des mois de négociations entre le gérant des Beatles – Brian Epstein – et des pontes du show-business de Manhattan seront nécessaires pour préparer le grand événement. Rien n’est laissé au hasard. Tout est prévu, compté, monnayé. Une véritable stratégie de débarquement est élaboré. Le jour J est pour bientôt!

45 tours I Want to hold your handSorti le 29 novembre 1963 au Royaume-Uni, le méga-succès – puisque c’en est un, et celui-là un vrai de vrai – I Want to Hold Your Hand  sera la carte de visite choisie des 4 garçons dans le vent au pays de l’Oncle Sam. En tête du palmarès depuis deux mois en sol britannique, la chanson à son entrée dans les Charts aux États le 13 janvier 1964 se classe au… 83ème rang. Le fruit n’est pas encore mûr. Les scarabées iront voltiger et bourdonner en attendant du côté de l’Olympia de Paris.

Beatles à JFK 7 fév 64Début février, I Want to Hold Your Hand est devenu une bombe au pays de la bannière étoilée. Y a plus une minute à perdre ! Accueilli en héros à l’aéroport John F. Kennedy, par une foule de milliers – surtout – d’admiratrices folles de joie, le quatuor aux cheveux longs est suivi pas à pas par les médias. Ils font la une partout! L’annonce de leur apparition au Ed Sullivan Show fait sauter la baraque.

Aéroport JFK le 7 février 1964

Associated Press

En moins de deux, 50 000 demandes sont adressées à la chaîne de télé CBS alors que l’auditorium ne contient que 728 places ! Tant pis pour les exclus de la salle, ils pourront se rattraper avec le petit écran. Le soir du 9 février 1964, les joyeux bardes de Sa Majesté fracassent les records d’audience à la télévision. 73 millions de téléspectateurs au compteur !

Ce soir-là, les années 60 sont entrées dans l’Histoire. Le spectacle est l’avant-première de ce qu’on appellera la British Invasion et les années psychédéliques des enfants-fleurs de la paix et de l’amour. Bientôt, ce sera au tour des Stones, des Animals et autres Kinks de faire swinguer la jeunesse de New-York à Los Angeles, de Chicago à Montréal, de Sydney à Tokyo! Avec cette prestation mémorable au Ed Sullivan Show, les Beatles marquent le coup d’envoi de la prophétie d’un chanteur folk né en 1941 à Duluth, Minnesota, une prophétie que plus personne ne peut ignorer, The Times They Are a-Changin’ !

Christian Dupuy

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1ère apparition des Beatles au Ed Sullivan Show

▸  https://vimeo.com/86034507

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Liste des chansons jouées le 9 février 1964

• All my Loving (Lennon-McCartney)

• Till There Was You (Meredith Wilson)

• She Loves You (Lennon-McCartney)

• I Saw Her Standding There (Lennon-McCartney)

• I Want to Hold Your Hand (Lennon-McCartney)

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Beatles 64 Ed Sullivan Show

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unused VIP ticket to a taping of The Ed Sullivan Show

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Numéro spécial du New-York Daily News – 24 janvier 2014

Beatles’ historic arrival in New York City 50 years ago gave Big Apple unforgettable lift

Beatles et après, un conte pour tous

Les Beatles, quatre garçons dans le vent de l’histoire

Pour les fans finis!

Les Beatles sur Instagram

 

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Paul 21 ans • la bascule 17 juin 1963

Londres – 18 juin 1963

À l’extérieur des locaux de la BBC, John, George et Ringo font la bascule à Paul pour ses 21 ans.

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