« Speak White », non merci !

Couillard

 

 

 

 

 

Photo : Jacques Nadeau – Le Devoir

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Le deuxième débat des chefs de cette campagne 2014 a fait ressortir très clairement que Philippe Couillard ne possède pas l’envergure nécessaire pour occuper le poste de premier ministre du Québec. S’il est un enjeu qui transcende les partis politiques tout au long de notre histoire, c’est bien celui de la langue. La plus haute responsabilité d’un chef de Gouvernement du Québec, comme chacun sait, est la défense et la promotion de notre langue nationale. Tout doit être fait aux fins de la préservation de ce qui nous distingue en cette terre d’Amérique.

Or, lors du débat, le candidat libéral a répété à plusieurs reprises qu’il n’a pas l’intention de protéger les citoyens contre l’envahissement de l’anglais, notamment, dans le domaine des entreprises. Selon Philippe Couillard, il revient aux francophones du Québec de supporter le fardeau du bilinguisme sur leurs lieux de travail. L’exemple qu’il a cité, voulant que même un travailleur en usine sur une chaîne de montage se doit d’être bilingue pour s’acquitter de sa tâche, est profondément révoltant. Il témoigne d’une insensibilité inouïe envers les travailleurs qui depuis des décennies ont lutté d’arrache-pied pour que le français cesse d’être une langue qu’on piétine sans vergogne.

Avec l’adoption de la Charte de la langue française en 1977, nous avons tous cru, enfin, que le temps du « Speak White » était terminé. Même Robert Bourassa, ancien chef libéral et grand pourfendeur de la loi 101, avait dû se résoudre en 1988 à utiliser la fameuse clause dérogatoire pour défendre le français dans l’affichage, au risque de s’aliéner le Canada anglais.

Nous existons comme communauté politique parce que la langue française constitue le cœur et l’esprit de ce que nous sommes au monde. Il ne peut donc y avoir de projet à rabais sur cette question. Que Philippe Couillard soit un fédéraliste pur et dur, c’est une chose. Qu’il veuille cependant bilinguiser délibérément le Québec d’un bout à l’autre, il manque carrément à son devoir de prétendant au poste de chef d’État de la seule nation francophone majoritaire en Amérique du Nord. Un manquement grave que nous ne pouvons accepter. Un manquement grave qui doit être dénoncé !

Christian Dupuy

Christian Dupuy photo blogue

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Poème de Michèle Lalonde • « Speak White »

Nuit de la poésie (1970)

Montage et musique: Fred Poirier

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Un commentaire pour « Speak White », non merci !

  1. Laurent Desbois dit :

    Il y a cinquante ans les québécois francophones étaient moins scolarisés que les noirs américains!

    Effectivement, je vois un lien entre le mouvement souverainiste au Québec et l’émancipation des noirs, aux États-Unis et en Afrique du Sud. Personnellement, Nelson Mandela et Martin Luther King m’ont beaucoup inspiré durant les années ’60.

    Speak White

    Film de Pierre Falardeau en 1980, inspiré du poème de Michèle Lalonde

    http://www.onf.ca/film/Speak_White/

    Je vous souligne le livre « Nègres blancs d’Amérique » de Pierre Vallière.

    http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/1986.html

    Plusieurs Québécois ont été emprisonnés par PET pour avoir eu ce livre dans leur bibliothèque en octobre 1970.

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